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Corpus... rituel Les rois thaumaturges Marc Bloch (1924) Gallimard En France, les rois étaient censés guérir les scrofuleux. Une pratique née au XIIe siècle et qui perdura tant bien que mal jusquau siècle des Lumières. Le toucher royal nétait pas à lorigine sans finalité politique : il était pour le souverain un bon moyen de se distinguer de ses pairs, les barons, en ces temps de féodalité où son pouvoir tenait à des liens de vassalité pour le moins fragiles. En Angleterre, le monarque avait le don de soigner les épileptiques. Il déposait sur lautel des pièces de monnaie quil rachetait en mettant à la place une somme équivalente puis faisait fondre les pièces qui étaient alors transformées en anneaux destinés à faire passer le Grand Mal. Le Grand Parler : mythes et chants des Indiens Guarani Pierre Clastres (1974) Seuil Les Belles Paroles sont celles que les Guarani adressent aux dieux. Le Grand Parler, cest donc ce langage proche des dieux. Le Rameau dor James George Frazer (1890 à 1915) Traduit par Pierre Sayn Bouquins Lencyclopédie des croyances primitives par un savant anglais qui nen pensait quune chose : non-sens. Les Marginaux parisiens aux XIVe et XVe siècles Bronislaw Geremek (1976) Traduit par D. Beauvais Flammarion Dans le monde interlope des errants, des mendiants, des filles à soldats, des maquereaux, des cabaretiers louches, des sorciers, des coquillards, coupeurs de bourses et trucideurs, cest la loi de la jungle. Le Cru et le Cuit Claude Lévi-Strauss (1964) Plon À partir de lopposition du cru et du cuit (ou du frais et du pourri, du mouillé et du brûlé), Lévi-Strauss élabore toute une instrumentation conceptuelle de la pensée mythique des Bororo et des peuples voisins. Le Folklore de France Paul Sébillot (1904-1906) Imago (9 vol.) Il sagit dune réédition de luvre primordiale de P. Sébillot réunissant environ 15.000 contes, légendes, coutumes, chansons, proverbes..., et constituant un véritable inventaire des traditions populaires de France et des pays francophones. Le nouveau classement thématique renvoie à limaginaire : 1. Le Ciel, La Nuit et les Esprits de lair ; 2. La Terre et le Monde souterrain ; 3. La Mer ; 4. Les Eaux douces ; 5 et 6. La Faune ; 7. La Flore ; 8. Les Monuments ; 9. Le Peuple et lHistoire. Le Livre des Morts des anciens Égyptiens Paul Barguet (1967) Cerf Un recueil dinvocations et dhymnes pour chacune des étapes qui conduisent au royaume des morts. Les Jeux et les Hommes Roger Caillois (1958) Gallimard Le jeu a son culte, ses grands prêtres, sa liturgie : voir les jeux Olympiques que précède, comme dans la Grèce antique, tout un décorum. Le jeu peut être aussi chargé de significations aujourdhui évanouies. Et notre football ne serait-il pas le combat de deux phratries pour la conquête du soleil ? Carnavals, bandits et héros, ambiguités de la société brésilienne Roberto Da Matta (1983) Traduit par D. Birck Seuil Le carnaval au brésil a une fonction subversive. Matta évoque deux personnages contradictoires de la mythologie brésilienne : le malandro, héros de la marginalité, qui, tout compte fait, finit par sintégrer au paysage social, et Matraga, celui qui renonce à rendre les coups quil reçoit et par là même devient un élément de désordre. Les Mots, la Mort, les Sorts, la sorcellerie dans le bocage Jeanne Favret-Saada (1977) Gallimard Quand la parole, cest la guerre. Quelques mots, et cest coup sur coup la mort dun veau, la brucellose dune vache, le lait qui tourne, voire une impuissance sexuelle ou le cancer du maire. Dans le bocage mayennais Jeanne Favret-Saada a enquêté et observé ces rapports de force qui tiennent de la sorcellerie. Fêtes des Fous et carnavals Jacques Heers (1983) Fayard Des bandes de jeunes, en toute impunité, apostrophent le curé pendant loffice et contrefont les saintes cérémonies de la messe tandis que les clercs, habillés en femmes, exécutent des danses lubriques. Il arrive quun âne soit conduit au pupitre, revêtu des ornements sacerdotaux, au milieu des braiements de lassistance. Étonnantes licences ! Le Cheval dorgueil Pierre-Jakez Hélias (1975) Plon Au début du siècle, en plein pays bigouden, les parturientes accouchaient sans laide du médecin mais assistées dune commère. À cette époque on se racontait encore les histoires de lAutre Cornu et on crotait entendre lessieu grinçant de la charrette de la Mort. Un bruit à vous dissoudre les boyaux. Cétait au temps où les prêtres en chaire dénonçaient lécole du diable et où les maris, de moins en moins assidus à la Sainte table, commeçaient à se détacher des choses de la religion. La Légende de la mort chez les Bretons armoricains Anatole Le Braz (1893) Lafitte La Bretagne est pleine dâmes errantes qui pleurent et gémissent. LAnkou, louvrier de la mort, rôde sur les chemins enténébrés et les groatch, ces vieilles qui guettent aux carrefours, sont ses auxiliaires. La mort est objet de terreur, elle est aussi familière. Un légendaire tout en silence angoissants et en hurlements nocturnes qui exaltent les peurs millénaires. La Sorcière de Jasmin Emmanuel Le Roy Ladurie (1983) Seuil Jasmin est un artisan agenais qui a publié en 1842, en occitan et en français, un conte intitulé Françouneto, du nom de cette jeune fille que lon disait achetée par le diable et dotée de pouvoirs maléfiques. Pour Le Roy Ladurie, cest loccasion dune immersion dans la paysannerie du XVIe siècle au moment des guerres de religion. Derrière la magie, les jalousies et derrière les jalousies flotte comme une odeur de fagot. Les Derniers Rois de Thulé Jean Malaurie (1975) Plon Ces souverains sont les hommes du Pôle, confrontés chaque année à quatre mois de nuit ininterrompue. Malaurie a partagé leur intimité longtemps, et il restitue non seulement leur mode de vie mais aussi leurs superstitions, leurs terreurs, leurs pratiques religieuses où sentremêlent un peu de christianisme et beaucoup des croyances de leurs ancêtres Inouit. Un document brillant sur lEsquimeau, être complexe et séduisant, accroché à son royaume de glace et de ténèbres. La Mort volontaire au Japon Maurice Pinget (1984) Gallimard Le seppuku se pratique dans les formes rituelles du sacrifice. Il a son histoire millénaire, et ses héros. Il consiste à prendre son temps, dabord ens e réfugiant dans la méditation. Puis on souvre le ventre, siège de lénergie et de la volonté. Là peuvent intervenir des variantes : soit le suicidé jette ses entrailles à pleines mains vers lennemi en signe dultime défi ; soit il se fait décapiter par un auxiliaire, sitôt léventration accomplie. Le seppuku nest pas un acte de désespéré ou de fanatique. Il est laffirmation quen se donnant la mort aussi théâtralement on sunit à son destin avec éclat. Mari et femme dans la société paysanne Martine Segalen (1980) Flammarion Un extraordinaire florilège de proverbes à lappui dune description haute en couleurs - du dedans et du dehors - de la paysannerie française du 19e siècle. La femme passe le plus souvent pour une vraie garce... Manuel du folklore français contemporain Arnold Van Gennep (1943-1958) Picard Dune province à lautre les mêmes rites sont observés du berceau au tombeau. Un manuel dû à lun des grands noms de létude folklorique en France dont il faut également cité le Coutumes et croyances populaires en France (Ed. du Chemin Vert). Le Chevalier, la Femme et le Prêtre Georges Duby (1981) Hachette/Pluriel Aux origines des règles du mariage chrétien. Jusquau XIe siècle, un mari, a fortiori sil était prince, répudiait sa femme au motif quelle était stérile ou quelle ne lui donnait pas de garçon. LÉglise entreprend alors de châtier ce quelle tient pour adultère ou bigamie et fixe les canons de linstitution matrimoniale dont elle commence par exclure ses clercs. Un nouvel ordre sinstalle doù va naître lamour courtois. Forgerons et alchimistes Mircea Eliade (1956) Flammarion Comme le forgeron, lalchimiste maître du feu, transforme le produit de la Terra Mater. Comme lui encore, il travaille sur une matière vivante et sacrée. Lalchimie repose sur le postulat selon lequel pierres et minerais mûrissent dans les entrailles de la terre. Lalchimiste aide donc à lévolution de ce processus. LArbre aux trésors - Légendes du monde entier Henri Gougaud (1987) Points-Seuil Un recueil qui puise aux sources du folklore et de la mythologie de tous les continents. Danses et légendes de la Chine ancienne Marcel Granet (1926) Aujourdhui La Chine féodale. Chine de la ville et Chine des villages. Danses dynastiques, danses emblématiques, danses animales, danses masquées. un festoiement de légendes. Du même auteur voir aussi : Fêtes et chansons anciennes de la Chine (Albin Michel). Dieu deau, entretiens avec Ogotemmêli Marcel Griaule (1966) Fayard Le texte qui, avec celui de M. Leiris (LAfrique fantôme), le compagnon de voyage, a révolutionné lanthropologie moderne. Mais avant tout un récit merveilleux, truffé de symboles, qui liquide le mythe (blanc) de labsence de culture noire, et ceci à travers les rites et les mystères de la culture dogon. La Femme et le Bâtard Claude Grimmer (1983) Presses de la Renaissance Selon que vous étiez puissant ou démuni, prince ou manant, la condition de bâtard changeait du tout au tout. Lenfant illégitime dun roi nétait-il pas de sang royal ? Pour les autres, le salut était la débrouille. Le Pont aux trois arches Ismaïl Kadaré (1981) Traduit par Yusuf Vrioni Fayard Une coutume veut que pour conjurer le mauvais génie des ondes on emmure vivant un homme dans lun des pilliers du pont qui vient dêtre construit. LAlbanie du XIVe siècle, à la veille dêtre envahie par les Ottomans, a tout du pays tragique qui saccroche à ses traditions pour ne pas perdre son identité. Le Sceptre et la Marotte Maurice Lever (1983) Fayard Une grande tradition : le fou du roi. Mais il y a fou et folle. Car si lon connait Angoulevent, Chicot, Brusquet, Triboulet et autres Hainselin Coq (le fou de Charles VI), il y eut aussi Cathelot, folle de Marguerite de Valois ou Mathurine qui a, de tout le personnel folliant, le record de longévité : trois règnes successifs. Hélas, Louis XIV vint, qui ne supporta pas quun bouffon pût lui faire perpétuellement la nique devant tout le monde. Légendes africaines Tchicaya U TamSi (1987) Seghers Un recueil de récits mythologiques commentés et présentés par lun des meilleurs écrivains dAfrique. Récits dun pélerin russe Anonyme Traduit par Jean Laloy Seuil Ce pélerin parcourt la Russie avec pour viatiques la Bible et un recueil de textes des Pères de lÉglise. Cest toute la terre russe, immense, qui défile, avec se spersonnages tout droits sortis dune nouvelle de Gogol : le noble déchu qui veut expier une vie de débauche, le greffier mécréant et libéral, le maître des postes ivrogne, querelleur et bon enfant. Un tableau dune grande pureté sur la Russie éternelle. |
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